Que se passe-t-il entre Esteban Ocon et Haas ? En plus de résultats qui laissent à désirer, l’ambiance au sein de l’écurie serait tendue entre le pilote et son patron. Un contexte qui laisse des rumeurs néfastes se développer comme des bactéries. Décryptage.
L’ambiance est bien particulière chez Haas à l’aube du Grand Prix du Canada. Des rumeurs relayées par un média japonais courent au sein du paddock, sur notre compatriote Esteban Ocon. Sa place en F1 serait compromise par ses résultats peu convaincants, mais surtout, à cause de tensions internes avec le patron de l’écurie Ayao Komatsu, qui auraient atteint leur apogée lors du dernier Grand Prix à Miami.
Même si son éviction possible n’est qu’une rumeur, l’équipe Haas est visiblement insatisfaite de la performance du pilote français, en difficulté depuis quelques années maintenant. Actuellement, il n’occupe que la 16e place du classement des pilotes.
Le Normand de 29 ans s’est vite empressé de contredire les rumeurs au micro de Canal + : « C’est lunaire de voir des histoires pareilles. C’est dingue de voir que des rumeurs prennent de l’ampleur autant que ça. […] Tout va bien dans l’équipe pour rassurer tous mes fans et mes supporters. Le plus important c’est ce qu’il se passe au sein de l’équipe et tout va bien de ce côté-là ». Une défense agressive, qui pourrait soit dénoncer la bêtise des médias, soit camoufler une situation inconfortable.
Des résultats peu satisfaisants
Une chose est certaine dans toute cette histoire : les résultats d’Esteban Ocon ne sont plus satisfaisants. Depuis le début de la saison, il n’a engrangé qu’un tout petit point, contre 17 pour son très jeune coéquipier Oliver Bearman. Cela fait quatre saisons qu’Ocon ne fait pas partie du top 10 du classement des pilotes. Une performance en déclin année après année, et peut-être un ras-le-bol pour le Français.
Une différence de niveau qui pourrait être fatale pour Esteban, selon Ralf Schumacher, « une chose est claire : Ocon n’est pas à la hauteur. Au mieux, il est au niveau de Bearman, et généralement moins bon. Et puis, Bearman est encore au début de sa carrière, il est encore en développement ». Un positionnement franc, qui va même encore plus loin. « Je n’imagine pas que nous reverrons Ocon l’année prochaine », a déclaré Schumacher.
En effet, Ocon n’a pas encore signé de contrat pour l’année prochaine, et il est loin d’être le seul. Plus d’une dizaine de pilotes de Formule 1 vont voir leur contrat prendre fin à la fin de la saison 2026, ce qui promet un marché des transferts rocambolesque l’hiver prochain. Au vu des échanges qui s’annoncent pour 2027, l’avenir d’Ocon en Formule 1 n’est en aucun cas assuré, et ses performances n’arrangent pas son cas.
Esteban n’a donc pas d’autre choix que d’être au rendez-vous pour le Grand Prix du Canada, afin d’éviter que ces rumeurs ne prennent davantage d’ampleur. Heureusement pour lui, il a toujours inscrit des points sur le circuit canadien, et apprécie particulièrement ce tracé. Enfin, des évolutions sont attendues sur les Haas ce week-end, ce qui pourrait sauver Esteban.
Une rumeur démentie… mais pas tout à fait infondée
Cette rumeur aurait peut-être moins pris d’importance si Esteban Ocon n’était pas déjà connu pour ses multiples conflits en interne. Célèbre pour ses échauffourées avec Max Verstappen en tout début de carrière, il était au cœur de difficultés relationnelles lorsqu’il roulait pour Alpine, notamment avec son compatriote Pierre Gasly. Peut-être qu’au sein d’une dynamique d’équipe, Ocon n’est pas facile à gérer.
À lire aussi
Formule 1 : Kimi Antonelli, une prise de pouvoir irrésistible chez Mercedes
Formule 1 : Christian Horner de retour, pourquoi ce serait une très mauvaise idée
Formule 1 : Doriane Pin, vitrine féminine d’un paddock encore hostile aux femmes
Formule 1 : les raisons d’une audience en chute libre
F1 – GP du Japon : Aston Martin, les raisons d’un début de saison catastrophique
OM : entre crise sportive et mercato à haut risque, l’été commence déjà à Marseille
AS Rome : Donyell Malen, le pari hivernal devenu phénomène
Alors certes, Ocon a démenti les rumeurs de mésentente avec son patron. Mais il y a peu, Komatsu s’était déjà plaint de ne pas trouver en Esteban un leader, dans le style de ce que réalisait Nico Hülkenberg il y a quelques années chez Haas. De son côté, le Français avait déjà évoqué sa frustration à l’égard de réglages différents d’une monoplace à l’autre. Ce qu’il dénonce là, c’est un traitement pas tout à fait équitable entre lui et ses coéquipiers. Il reste à Esteban Ocon dix-huit rendez-vous pour prouver qu’il a encore sa place au sein de la grille. Et au vu des essais libres de cet après-midi, le chemin risque d’être long.