À l’aube d’un match décisif face à Rennes au Vélodrome, l’Olympique de Marseille joue bien plus qu’une qualification européenne. Entre l’avenir incertain d’Habib Beye, le dossier brûlant Mason Greenwood et un mercato d’été qui s’annonce mouvementé, l’OM s’apprête à vivre une nouvelle révolution. Analyse.
L’OM jouera son avenir européen ce dimanche, dans un match à haute tension face à Rennes au Vélodrome. Au terme d’une saison catastrophique aussi bien dans la gestion du vestiaire que sur le terrain, l’OM va tenter de se reconstruire cet été autour de figures clés, les rares satisfactions de la saison. Comme annoncé dans les médias, Habib Beye ne semble pas se diriger vers une prolongation la saison prochaine, tout comme l’un des meilleurs joueurs de l’effectif Mason Greenwood. Tandis que le départ de l’entraîneur phocéen semble inévitable au regard des résultats sportifs, celui de l’attaquant anglais semble davantage faire débat, et ce sera sans doute l’un des dossiers chauds de l’été.
Bye Beye ?
5 victoires, 1 nul et 6 défaites, voici le bilan d’Habib Beye sur le banc marseillais, qui résume la fin de saison cauchemar de l’OM. S’ajoute à cela un changement de directeur sportif et des tensions à tous les étages. Le cocktail est explosif et l’issue semble inévitable pour l’entraîneur. Après la victoire arrachée au Havre, le technicien sénégalais s’est placé en victime de la situation médiatique, estimant qu’il « n’avait jamais vu un tel acharnement sur une personne ».

Habib Beye (OM)
Alors après des choix tactiques douteux sur le terrain et des mises au vert à répétition sans effet, à qui s’en prendre ? Les deux objectifs fixés en février étaient clairs : une qualification en Ligue des champions et une finale de Coupe de France. Aucun des deux n’a été rempli, pire, l’OM pourrait ne jouer aucune coupe d’Europe en cas de défaite face à Rennes et de résultats défavorables des autres prétendants. Aujourd’hui l’OM est sixième au classement et talonné de près par Monaco, mais a son destin entre les mains. Si Beye ne veut pas sortir par la petite porte, il devra mettre ses sentiments de côté et battre son ancien club pour espérer le minimum syndical.
Un effectif et une identité à reconstruire
Nouvelle identité visuelle, nouvelle gouvernance avec l’arrivée de Stéphane Richard et nouveau nom de stade (Vélodrome CMA CGM), l’Olympique de Marseille entame sa mutation. Celle-ci se poursuivra tout au long de l’été, avec un effectif à remodeler au gré des arrivées, mais plus encore des départs. Six ans après ses premiers pas en terre phocéenne, Leonardo Balerdi semble inexorablement poussé vers la sortie : si certains clubs italiens manifestent leur intérêt, Galatasaray pourrait soumettre une offre de transfert supérieure à 30 millions d’euros.

Stéphane Richard (OM)
Benjamin Pavard, soldat défensif au bilan mitigé, et Arthur Vermeeren, auteur de quelques prestations convaincantes, s’ajoutent à la liste des départs. Ils devraient regagner leurs clubs respectifs, à savoir l’Inter Milan et le RB Leipzig. L’avenir de nombreux joueurs demeurant incertain, Geronimo Rulli et Pierre-Emerick Aubameyang pourraient être évincés afin d’alléger la masse salariale et d’amorcer un véritable renouveau de l’effectif olympien.
Cette renaissance devrait s’appuyer sur la constance d’éléments clés tels que Igor Paixao, Quinten Timber, Amine Gouiri et Timothy Weah, pour peu qu’ils consentent à prolonger l’aventure. Le club étant englué dans une spirale délétère depuis l’entame de la saison, les supporters devront faire table rase du passé et continuer d’épauler les joueurs avec la ferveur qui les a toujours caractérisés.
Mason Greenwood, déjà la fin ?
Meilleur buteur ex aequo la saison dernière et auteur de 26 buts cette année toutes compétitions confondues, Mason Greenwood affiche un ratio impressionnant, pourtant il est annoncé sur le départ. Arrivé en 2024 comme un paria à cause de ses affaires extra sportives, l’attaquant anglais pourrait repartir de l’OM en légende.
Il est l’un des rares cadres de l’effectif malgré son attitude parfois désabusée sur le terrain comme contre Toulouse après l’élimination en coupe de France. L’Anglais a encore confirmé son statut en terminant dans l’équipe de la saison UNFP. Il s’est d’ailleurs exprimé quant à son avenir et espère « pouvoir rester en Ligue 1 ». Entre la volonté du joueur et les projets du club, le feuilleton Greenwood ne fait peut-être que commencer.

Mason Greenwood (OM)
Grégory Lorenzi, ancien directeur sportif du Stade Brestois, doit débarquer à Marseille pour prendre la suite de Mehdi Benatia, vanté pour ses qualités en négociation et ses prouesses avec de petits budgets, le Corse s’apprête à relever un nouveau défi. Reste à savoir si ses méthodes, si efficaces en Bretagne, résisteront à la pression volcanique de la cité phocéenne. Les chantiers qui l’attendent à Marseille s’annoncent dantesques.
À lire aussi
AS Rome : Donyell Malen, le pari hivernal devenu phénomène
OM : Grégory Lorenzi aura-t-il les épaules pour survivre à Marseille ? « Oui, c’est un Corse »
OM : « quand on regarde les équipes qu’ils ont battues en 1993… »
Ligue 2 : Rodez, le petit poucet aveyronnais qui défie les cadors européens
Formule 1 : Kimi Antonelli, une prise de pouvoir irrésistible chez Mercedes
Mercato – Chelsea : BlueCo a un ancien joueur de l’OM dans le viseur
PSG : ce que l’équipe d’Enrique a de plus que le Real Madrid de Zidane – l’avis de Micoud
Il doit trouver le successeur idéal d’Habib Beye, trancher le nœud gordien du dossier Greenwood, et exfiltrer les indésirables pour rebâtir une équipe compétitive, le tout avec une masse salariale sous étroite surveillance. Mais avant d’entamer ces grands travaux estivaux, le club doit d’abord sauver les meubles sur le terrain. Le choc décisif face à Rennes ne déterminera pas seulement le futur européen de l’Olympique de Marseille : il fixera le véritable point de départ, et les moyens financiers, de cette énième révolution. L’été marseillais a déjà commencé, et il s’annonce brûlant.