Après trois victoires sur quatre Grands Prix, le jeune Kimi Antonelli a rapidement pris l’avantage sur son coéquipier George Russell. Une supériorité qui a vite fait de prouver à Mercedes qu’ils doivent miser sur le jeune poulain, au détriment d’un pilote plus expérimenté. Une inversion dans les dynamiques de pouvoir, qui favorise bel et bien l’italien. Analyse.
Il y a quelques jours, l’écurie de Formule 1 Mercedes a fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. Le compte Instagram de l’équipe a publié une photo qui n’a pas plu chez les fans : un cliché de tous les collaborateurs de Mercedes au sein du QG de l’écurie. Sur la photo, une phrase : « Every dream needs a team » (chaque rêve nécessite une équipe). Sur la photo, un seul absent : George Russell. Le pilote britannique manque à la composition, qui met en avant au premier plan un jeune Kimi Antonelli, seul, entouré du staff composé de centaines de personnes.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur Instagram comme sur Twitter, les fans de Mercedes, et plus particulièrement de George Russell, dénoncent un favoritisme de plus en plus évident de la part de l’écurie allemande envers son jeune prodige Antonelli, quitte à ignorer le pilier de l’équipe dans ses photos de groupe.
Alors certes, après quatre Grands Prix en 2026, Antonelli a pris la tête du championnat du monde, 20 points devant Russell. Mais la saison venant à peine de commencer, il est encore beaucoup trop tôt pour favoriser l’un de ses deux pilotes pour la course au titre.
Russell en difficulté, une aubaine pour Antonelli
George Russell a gagné le premier Grand Prix de l’année en Australie, avec un joli doublé Mercedes écrasant toute concurrence. Une voiture de rêve, une équipe performante, un coéquipier à la hauteur : toutes les conditions étaient réunies pour que Russell délivre une saison impressionnante. Mais les difficultés ont vite pointé le bout de leur nez, et le Britannique s’est rapidement fait submerger par son jeune collègue. Départs difficiles, manque de rythme en course, dégradation des pneus, les problèmes semblent s’accumuler d’un côté du garage… Et malgré un début de saison flamboyant, il vient d’enchaîner deux courses sans podium. Une situation inconfortable pour Russell, qui se voit dominé par son coéquipier de huit ans son cadet.
Mais les galères du pilote de 28 ans ne viennent pas de nulle part. Au Grand Prix de Miami, il a vite rencontré des problèmes avec un changement de réglage effectué avant les qualifications du samedi, qui ne lui avait permis de grappiller que la 5e position. Des changements qui, étonnamment, n’avaient pas été faits sur la voiture d’Antonelli. Des complications qui n’ont pas l’air d’inquiéter Toto Wolff, tant son pilote chouchou surperforme : « Au moment crucial, […] Kimi continuait de réaliser des chronos parfaits, ce qui a fait la différence. Mais j’imagine que la voiture de Russell n’était pas au point », a avoué le patron de Mercedes à l’issue du week-end. « Kimi a mérité ses trois dernières victoires. Russell n’a pas fait aussi bien, parfois à cause de l’écurie, parfois à cause de la malchance », a-t-il fait savoir.
Pour Ralf Schumacher, l’équilibre des forces au sein de l’écurie allemande est en train de basculer rapidement en faveur du pilote italien. « Pour Toto, la situation est parfaite si cela se confirme, parce qu’il aura maintenant son pilote numéro 1, » a-t-il affirmé. « Son numéro 1 capable de se battre pour le championnat du monde, tandis que Russell peut marquer des points. C’est comme cela que la situation se dessine actuellement. »
Kimi Antonelli, le nouveau Lewis Hamilton ?
Depuis son arrivée en 2025, Kimi Antonelli a toujours été traité comme le remplaçant d’Hamilton après son départ de Mercedes pour Ferrari. En recherche d’un nouveau prodige capable de prendre la succession du septuple champion du monde, l’écurie a rapidement mis une grosse pression sur ses épaules. Une pression sportive et médiatique qui a rendu sa saison 2025 parfois compliquée.
Mais pendant longtemps, il n’a pas été question de chercher quelqu’un d’autre. Le remplacement d’Hamilton était là, dans l’équipe, et il s’agissait bien de George Russell. Titulaire depuis 2022 après avoir été pilote d’essai pendant cinq ans, il était logique qu’il reprenne les commandes de l’écurie. Mais Toto Wolff a insisté pour partir à la recherche d’un talent, et dès l’arrivée d’Antonelli dans l’écurie, toute l’attention s’est portée sur lui, félicité et surprotégé par le patron autrichien, souvent au détriment de Russell. Et depuis cette année, les dynamiques s’inversent. C’est simple, Antonelli représente dorénavant l’espoir pour Mercedes.
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Et puis il faut dire qu’Antonelli évolue avec un solide entourage, notamment composé du très célèbre ingénieur de course Peter Bonnington (aka Bono), avec qui le jeune pilote italien constitue un duo efficace. Il reçoit pendant ses courses un soutien indéfectible, un véritable filet de sécurité, un entraîneur, un conseiller, un mentor, appelez ça comme vous voulez, à ses côtés, et des conseils précieux. « Ce n’est pas seulement George contre Kimi, c’est George contre toute une équipe, et ça va être un sacré défi », a confirmé David Croft, commentateur chez Sky Sports. Une situation qui risque de s’envenimer si les deux pilotes continuent de se battre pour le championnat du monde, ce qui rappellerait un certain passif que Mercedes préférerait sûrement oublier.