De retour après plus d’un mois d’absence, la Formule 1 reprend ce week-end à Miami avec un format de course sprint. Cette mini course, ajoutée en plus du Grand Prix, a été introduite dans la discipline il y a quelques années, mais ne fait pas l’unanimité, ni chez les écuries, ni chez les spectateurs. Décryptage.
Le 3 mai prochain, la Formule 1 reprend après plus d’un mois de pause en raison de l’annulation de deux Grands Prix. La reprise se fait à Miami, rendez-vous glamour du calendrier. Mais cette reprise ne se fait pas en douceur, puisque qu’il s’agira d’un week-end sprint. Ce format de week-end mis en place depuis 2021 rajoute une mini course d’une douzaine de tours le samedi, en plus du Grand Prix le dimanche. Le but ? Permettre à un public plus varié de s’intéresser à la F1 grâce à des courses plus courtes. Une course en plus donc, qui rajoute une dose de travail supplémentaire aux mécaniciens et aux pilotes déjà épuisés par un calendrier de plus en plus intense. Encore cette année, le calendrier compte six courses sprint. Mais ce format de week-end est vécu comme une corvée par les écuries, et n’a pas un grand intérêt sportif pour les fans.
Une corvée supplémentaire pour les équipes et les pilotes
Pour Max Verstappen, les courses sprint ne sont pas très excitantes : « Si vous voulez mon opinion honnête sur les week-ends de sprint, je ne suis pas vraiment enthousiasmé par cela ». Pour lui, le petit nombre de points remporté durant les sprints ne vaut pas les efforts déployés durant cet événement. En effet, le vainqueur d’une course sprint ne remporte que 8 points (contre 25 lors d’un Grand Prix classique), et seuls les huit premiers pilotes reçoivent des points au classement. L’enjeu n’est pas assez gros pour que les écuries s’épuisent à pousser à fond, et risquent des accidents qui peuvent coûter des millions d’euros.
Une mini-course le samedi, c’est aussi prendre des risques avant les qualifications et le Grand Prix du dimanche (là où les pilotes se battent réellement pour des places dans le championnat). Un crash en course sprint le matin peut priver entièrement un pilote de qualification l’après-midi, et donc ruiner son week-end. De plus, les week-ends sprint réduisent le nombre de séances d’essais de trois à une, diminuant la capacité des écuries à bien adapter leurs voitures au type de circuit. Ce qui peut s’avérer très dangereux sur des pistes rapides et complexes.
Pour éviter de prendre trop de risques avant la course du dimanche, les écuries et les pilotes restent donc sages lors des sprints, qui ne délivrent pas le spectacle promis par la FIA lors de leur introduction en 2021. Les courses sprint ne sont qu’une version édulcorée du Grand Prix, où les écuries dominantes remportent le peu de points à gagner.
Un format sans intérêt pour les spectateurs
Le format des courses sprint a été très critiqué par les fans de Formule 1 dès son arrivée en 2021. Encore aujourd’hui, ce format de course est largement décrié sur les réseaux sociaux par des fans qui le jugent sans intérêt, et qui disent avoir arrêté de regarder les sprints. L’un des arguments principaux ? Les sprints retirent du suspens pour le reste du week-end.
Les qualification sprint et la course sprint enlève l’excitation du Grand Prix, puisque le format est le même et les résultats sont souvent similaires. Pour beaucoup, le sprint n’est qu’un entraînement pour la course du dimanche, et non un enjeu à part entière. Une critique partagée par le double champion du monde Fernando Alonso : « Il faut changer le format, parce que sinon nous voyons une répétition le samedi de ce qui se passe le dimanche ».
De plus, le sprint n’a rien d’intéressant pour les équipes au milieu ou à l’arrière du peloton. À l’issue du week-end, il ne permet qu’aux écuries en têtes de prolonger un peu plus leur avance. Leur format court ne laisse même pas le temps aux autres écuries de se battre pour des places, ce qui finit de rendre ce format inintéressant. Pour plus de divertissement, il serait davantage attrayant que le sprint prenne une forme différente du Grand Prix (inversement de la grille, qualification en un tour…).
À lire aussi
Formule 1 : Doriane Pin, vitrine féminine d’un paddock encore hostile aux femmes
Formule 1 : les raisons d’une audience en chute libre
F1 – GP du Japon : Aston Martin, les raisons d’un début de saison catastrophique
Union Berlin : Marie-Louise Eta, le football face à ses contradictions
Manchester United : Bruno Fernandes, pourquoi le Ballon d’Or lui irait si bien
Real Madrid : Rüdiger, autopsie d’un roc en trompe-l’œil
Coupe du monde 2026 : Neymar, l’éternel pari du Brésil
Ce week-end promet donc une reprise intense alors que l’audience de la Formule 1 décline en ce début de saison. Ce qui est sûr, c’est que les courses sprint ne sont pas près de disparaître de la discipline, alors que la FIA parle déjà de doubler leur nombre de six à douze pour la saison 2027.