Actuellement aux toutes dernières places du classement pilote et constructeur, cette nouvelle saison s’annonce rude pour l’écurie Aston Martin. Entre une collaboration avec Honda qui ne s’adapte pas aux nouvelles régulations, et des relations internes fragiles, l’équipe ne semble pas pouvoir s’en sortir à l’aube du Grand Prix du Japon (dimanche). Analyse.
« C’est la pire merde que j’ai jamais conduite de ma putain de vie ». Voilà l’état d’esprit du pilote Lance Stroll après son tour de qualification du Grand Prix de Chine il y a deux semaines. En grande difficulté, l’écurie britannique fait vivre un véritable calvaire à ses pilotes, mais aussi à son équipe technique. Aucune des deux voitures n’a fini les deux premières courses de la saison, multipliant problèmes techniques et manque de fiabilité.
La difficile collaboration avec Honda
En vue de cette nouvelle saison de Formule 1 pleine de régulations inédites, Aston Martin a fait le pari de collaborer avec le motoriste japonais Honda. Célèbre pour son impressionnante série de victoires dans la Red Bull de Max Verstappen, le moteur Honda devait être une bonne pioche. Pas de chance.
Les difficultés ont commencé dès le début de la saison puisque l’écurie n’a pas pu participer à tous les tests de pré-saison à Bahreïn en février. Ils ont passé quatre heures dans le garage le premier jour, à cause d’un problème moteur, et Lance Stroll a perdu sa voiture dans les graviers quelques minutes plus tard. Aston Martin a dû réduire le programme d’essai pour qu’il soit très limité et ne comprenne que des périodes courtes. Elle est l’écurie qui a effectué le moins de tours aux essais de pré-saison.
Un manque d’accumulation de données qui coûte cher pour le reste de la saison, alors que toutes les autres écuries ont fait de nets progrès. Et cerise sur le gâteau : cette accumulation de pannes et d’accidents a mené Aston à une pénurie de pièces de rechange pour leurs monoplaces.
Premier Grand Prix, premier DNF pour Alonso
Ce retard s’est vite exprimé lors du premier Grand Prix de la saison, avec un DNF pour Fernando Alonso, et des problèmes techniques interminables pour Lance Stroll, qui finit la course avec quinze tours de retard sur le vainqueur. Pas d’améliorations pour le Grand Prix de Chine une semaine plus tard, avec à nouveau un double DNF. Difficile pour le doyen de la grille Fernando Alonso de ne pas y voir une ressemblance avec sa saison 2010 désastreuse chez McLaren-Honda.
Alors qu’est-ce qui ne va pas dans ces monoplaces ? L’un des enjeux majeurs est le grave problème de vibration du moteur sur le châssis et la batterie. Une voiture qui secoue énormément, et qui peut être dangereuse pour la santé des pilotes. Mais le moteur n’est pas seulement instable. Il est aussi très lent et peu fiable, et tourne sur un régime plus bas que les autres écuries.
Des relations internes déjà sur la sellette
Tout ce capharnaüm technique mène inévitablement à des tensions au sein de l’écurie aux voitures vertes. L’investissement dans l’ingénieur renommé Adrian Newey n’a visiblement pas payé. Il a rejoint l’écurie l’année dernière, après avoir quitté Red Bull où il avait permis une domination sans précédent de Max Verstappen. Cependant, après exactement un an à la tête de l’écurie, le technicien a déjà annoncé qu’il quitterait ses fonctions de Team Principal. Selon son ancien collègue chez Red Bull Helmut Marko, « Adrian Newey ne va pas bien » chez les verts.
En attente d’être remplacé par quelqu’un d’autre, Aston Martin n’a donc aucun patron. L’équipe dit rechercher quelqu’un de rassembleur, capable d’assurer un leadership solide, et cette personne n’était certainement pas Newey. Le grand patron Lawrence Stroll a, quant à lui, déjà la tête ailleurs. Des rumeurs courent dans le paddock, assurant que Newey serait bientôt remplacé par Jonathan Wheathley, grand ami et ancien patron de l’écurie Audi, qui a lui aussi déjà quitté ses fonctions, trois semaines après le début de la saison.
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Un exercice de chaises musicales qui n’aide en aucun cas l’écurie à se porter mieux. Le prochain Grand Prix au Japon sera encore un week-end difficile pour Aston Martin, « à moins d’un miracle dans les dix prochains jours », a déclaré Lance Stroll à l’issue du week-end en Chine. Quand il a été questionné sur ce qu’on pouvait lui souhaiter, il a simplement répondu « Priez avec moi ! » Malgré tout, l’équipe mécanique reste optimiste quant à de futures améliorations sur les monoplaces. En effet, il est plus facile de progresser quand on part de zéro.