Après deux mois de disette en Ligue 1, Endrick a retrouvé des couleurs avec l’OL face au PSG le weekend dernier, entre but, passe décisive et célébration remarquée. Mais derrière l’éclair parisien, le jeune Brésilien interroge toujours sur sa régularité et son implication à quelques semaines de la fin de son prêt à Lyon. Décryptage.
Atone depuis le 12 mars dernier et son but face au Celta Vigo en Europa League, Endrick a retrouvé le chemin des filets au Parc des Princes le weekend dernier réalisant une prestation de grande qualité contre le leader parisien (un but et une passe décisive). En Ligue 1, il n’avait plus marqué depuis le 22 février – soit presque deux mois de disette pour le jeune Brésilien prêté dans la capitale des Gaules par le Real Madrid, afin d’espérer une place dans le groupe de la Seleção pour la Coupe du Monde. Auteur d’une célébration délicieusement narquoise qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, Endrick a affiché un sourire si radieux face aux caméras qu’on en viendrait presque à se demander si le Lyonnais ne choisit pas ses matches.
Une première partie de saison blanche
Retour quelques mois plus tôt lorsque le Brésilien cirait le banc du Real Madrid – avec seulement quelques minutes de temps de jeu, insuffisant pour prétendre à la Coupe du Monde. Un statut de « fantôme de luxe » bien trop maigre pour un joueur de son calibre, surtout à l’aube d’une année de Mondial. Lors de la première moitié de saison avec le Real Madrid, Endrick a longuement rongé son frein.
Difficile, en effet, de se frayer un chemin et de gratter du temps de jeu quand on doit bousculer une hiérarchie composée de Kylian Mbappé et de ses compatriotes Vinícius Júnior et Rodrygo. Quitter temporairement la Maison Blanche est alors apparu non pas comme un constat d’échec, mais bien comme inévitable pour relancer la machine avant qu’elle ne s’enraye.
Des débuts en fanfare entre Rhône et Saône
De son côté, le club rhodanien a flairé le bon coup, évinçant Satriano (vendu à Getafe) au profit du jeune brésilien. Arrivé en grande pompe cet hiver dans la capitale des Gaules, Endrick n’a pas mis longtemps à justifier l’engouement monumental suscité par son transfert. Il faut dire que l’OL a toujours eu un rapport particulier avec les Auriverdes. Dans la lignée des Juninho, Sonny Anderson ou Lucas Paquetá, Endrick n’a pas traîné avant d’inscrire son premier but sous ses nouvelles couleurs. Entré en jeu face à Lille, il ne lui a fallu que 42 minutes pour faire trembler les filets et annoncer la couleur. Buteur pour son premier match officiel avec l’OL, l’histoire d’amour entre les supporters et le natif de Taguatinga semblait lancée sur des bases solides.

Endrick (OL)
Mais l’euphorie a laissé place à une réalité plus terne. Après un démarrage boulet de canon, la machine s’est enrayée. Passé le mois de février, le Brésilien a semblé perdre de son explosivité, disparaissant peu à peu des radars. Presque deux mois de disette en championnat, une éternité pour un buteur de cette trempe. Certains le disaient déconcentré, peut-être déjà nostalgique de l’Espagne, et d’autres, simplement émoussé par l’exigence physique de la Ligue 1.
Endrick, enfant gâté ?
Il aura fallu que la lumière des projecteurs s’intensifie, et surtout affronter une équipe joueuse, pour qu’il sorte de sa torpeur. Une donnée tactique que son entraîneur, Paulo Fonseca, avait bien cernée avant le choc face au leader : « En ce moment, nous avons besoin de la créativité d’un joueur comme Endrick, il peut vraiment aider l’équipe. Quand le jeu est plus ouvert, c’est plus facile pour un joueur comme lui. »
Le technicien ne s’est pas trompé. Endrick a parfaitement exploité les occasions qu’il a eues, un but, une passe décisive et une célébration un brin narquoise. Au point de susciter de vifs débats chez les supporters : l’ancien Madrilène choisirait-il ses matches en fonction de leur visibilité ? La réponse est oui.
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Transparent contre Angers (0-0, 5 avril), transcendant contre le PSG (1-2, 19 avril), Endrick ne montre pas la même implication en fonction de l’adversaire, ce qui agace forcément les supporters lyonnais qui avaient placé énormément d’espoir en lui. Reste à savoir si sa prestation face au leader parisien l’a réconcilié avec les Lyonnais. S’il n’est pas considéré comme l’un d’entre eux, Endrick sera bel et bien gone de Lyon à la fin de la saison – alors qu’il est resté muet contre Auxerre hier, samedi. Pour l’heure, il lui reste trois matches (Rennes, Toulouse et Lens) pour définitivement convaincre Carlo Ancelotti de l’emmener aux États-Unis et par la même occasion soigner son départ de Lyon. Dans cette fin de saison incertaine, une chose est sûre : Endrick n’a plus le choix.