Certains passages de joueurs à l’Olympique de Marseille ont été particulièrement courts, au point de soulever la question d’un certain manque de patience. Pourtant, plusieurs de ces profils confirment aujourd’hui ailleurs leur potentiel. Décryptage.
À l’OM, le temps est rarement un luxe. Dans un club où l’exigence de résultats est immédiate et la pression permanente, rares sont les joueurs qui bénéficient d’une véritable période d’adaptation. Plusieurs recrues n’ont ainsi connu qu’un passage éclair sur la Canebière, sans jamais réussir à s’installer durablement. Certains ont pourtant retrouvé des couleurs après leur départ, relançant leur trajectoire loin de Marseille. De quoi poser une question légitime : l’Olympique de Marseille a-t-il parfois manqué de patience avec certains profils ?
Ismaël Koné : un potentiel sacrifié trop tôt
Le cas d’Ismaël Koné illustre les limites récentes de la gestion marseillaise. Arrivé avec l’étiquette d’un milieu moderne, capable d’apporter volume, projection et intensité, l’international canadien incarnait un profil d’avenir pour l’OM. Son recrutement s’inscrivait dans une logique de projection sportive. Mais son aventure phocéenne n’a jamais réellement décollé.
Pourtant, son passage n’a jamais réellement pris forme. Utilisé de manière irrégulière dans un contexte instable, son aventure marseillaise a également été marquée par un épisode de tensions avec Roberto De Zerbi, qui a contribué à précipiter son départ après seulement quelques mois passés à Marseille.
Depuis, sa trajectoire semble évoluer positivement. À Sassuolo, Koné s’impose progressivement, voit sa valeur marchande augmenter et attire désormais l’attention de cadors italiens comme l’Inter Milan, la Juventus ou encore l’AS Roma. Une évolution qui interroge, alors que le milieu marseillais peine aujourd’hui à trouver ce type de profil. Reste à savoir si davantage de patience aurait permis d’en tirer un meilleur rendement.
Iliman Ndiaye : un rendez-vous manqué
Le passage d’Iliman Ndiaye à l’OM laisse un sentiment de gâchis d’autant plus fort qu’il dépassait le simple cadre sportif. Ayant connu le club dès son plus jeune âge, où il a brièvement évolué dans les catégories de jeunes, il incarnait un profil à la fois technique et imprévisible, avec l’idée d’une histoire presque naturelle.
Pourtant, l’alchimie n’a jamais réellement pris. Dans une saison marquée par l’instabilité et les changements d’entraîneurs, l’international sénégalais n’a jamais trouvé de continuité, terminant avec seulement 4 buts toutes compétitions confondues. Un rendement insuffisant au regard des attentes, mais aussi d’un environnement qui n’a jamais semblé lui permettre de s’exprimer pleinement.
Son départ rapide interroge d’autant plus que sa trajectoire a, depuis, évolué. À Everton, dans un jeu plus direct et mieux adapté à ses qualités, Ndiaye a franchi un cap, avec une première saison à 11 buts toutes compétitions confondues. Sa valeur marchande est désormais estimée autour de 50 millions d’euros, et son profil suscite de l’intérêt, notamment en Angleterre. De quoi nourrir un regret côté marseillais et poser une vraie question : l’OM a-t-il laissé filer trop vite un talent qu’il n’avait pas encore su exploiter ?
Luis Suárez : un pari refermé trop vite
Recruté à l’été 2022, lors de l’arrivée d’Igor Tudor, l’attaquant colombien débarquait comme une solution de rotation en attaque. Il avait pourtant montré des débuts prometteurs, avec un doublé dès son premier match officiel en Ligue 1 sous les couleurs marseillaises.
Mais la suite s’est révélée bien plus discrète. Luis Suárez a rapidement été écarté de la rotation, jusqu’à progressivement disparaître des plans de l’équipe, avant un départ précoce à la mi-saison qui laisse l’impression d’un joueur insuffisamment testé sur la durée.
Après une saison solide à Almería, Luis Suárez confirme son ascension au Sporting CP, avec 24 buts en 25 matchs de championnat. Également décisif sur la scène européenne, il a notamment inscrit un doublé face au Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Des performances qui attirent désormais l’attention de plusieurs grands clubs européens. Selon le média portugais Correio da Manhã, Liverpool et Newcastle suivent sa situation de près. Sa clause libératoire est fixée à 80 millions d’euros.
Le temps, grand absent du projet marseillais
Les trajectoires d’Ismaël Koné, d’Iliman Ndiaye et de Luis Suárez révèlent un même constat : tous ont trouvé ailleurs ce qu’ils n’ont jamais eu à l’OM, du temps, de la stabilité et un cadre adapté. Dans un club en quête permanente de résultats immédiats, ces départs précipités interrogent, car au-delà des choix individuels, c’est bien la gestion globale qui semble en question.
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En pleine reconstruction, l’Olympique de Marseille paraît encore chercher un équilibre entre exigence et patience. Peut-être que, dans certains cas, le temps aurait été le meilleur allié, car tous les joueurs ne réussissent pas ailleurs, mais le talent a parfois besoin de continuité pour s’exprimer.