Une coupe de cheveux atypique, un toucher de balle unique, un talent immense et un caractère bien trempé : sur le papier, Xavi Simons avait tout pour marquer son époque. Mais à seulement 23 ans et à cause de choix sportifs contestables, le Néerlandais a amorcé, depuis septembre, le début d’une véritable descente aux enfers. Analyse.
Samedi 25 avril 2026. Tottenham (18e) se déplace sur la pelouse du Molineux Stadium pour y affronter le bon dernier de Premier League, Wolverhampton. Après une saison cauchemardesque pour les Spurs, l’objectif est simple : remporter la rencontre et revenir à deux points de West Ham (17e) pour éviter une historique descente en Championship. Pour cela, le nouvel entraîneur Roberto De Zerbi compte bien s’appuyer sur son milieu offensif Xavi Simons. Aligné aux côtés de Dominic Solanke et Randal Kolo Muani, la rencontre vire au cauchemar pour le natif d’Amsterdam.
Point de bascule à Molineux
Alors que le score est encore nul et vierge, il est lancé en profondeur sur l’aile droite à la 60e minute. Au combat avec Hugo Bueno, il s’écroule immédiatement après un appui sur sa jambe droite. Grimaçant, il appelle les soigneurs, mais rien n’y fera. Malgré quelques tests sur le bord de la pelouse, Lucas Bergvall le remplace à la 62e minute. Tottenham finira tout de même par s’imposer (1-0) face aux Wolves grâce à un but de João Palinha à la 82e mais le pire est à craindre pour le joueur formé à la Masia, puis le verdict tombe : Xavi Simons loupera officiellement la Coupe du monde 2026 avec les Pays-Bas cet été à cause d’une rupture des ligaments croisés.
La saison s’achève donc ici pour l’ancien joueur du PSG, auteur d’un maigre bilan de 5 buts et 6 passes décisives en 41 matchs toutes compétitions confondues avec les Spurs, bien loin des standards qu’il affichait ces dernières saisons. Le pire, dans tout cela, reste qu’en cas de relégation de Tottenham en Championship, Xavi Simons pourrait ne pas avoir d’autre choix que de rester au club.
Sa grave blessure, susceptible de l’éloigner des terrains pendant près d’un an, compromet fortement toute possibilité de départ et pourrait ainsi le contraindre à évoluer en deuxième division anglaise la saison prochaine. Un scénario impensable il y a encore quelques mois pour celui qui semblait promis aux sommets du football européen.
Des racines à l’éclosion européenne
Car oui, dès son plus jeune âge, le Néerlandais a été surmédiatisé, d’abord à la Masia, puis lors de son transfert au PSG en 2019, où il poursuit sa formation dans les catégories de jeunes. Peu, voire mal utilisé par l’équipe première du club de la capitale entraîné par Mauricio Pochettino, il choisit de s’exiler au PSV Eindhoven en 2022, où il révèle enfin tout son talent aux yeux de l’Europe entière.
Au total, il signe une saison remarquable avec le club néerlandais : 48 matchs, 22 buts et 11 passes décisives. Après seulement un an, Nasser Al-Khelaïfi et le PSG décident de le rapatrier en levant la clause de rachat fixée à 4 millions d’euros, avant de le prêter dans la foulée au RB Leipzig.
En Allemagne, Xavi Simons confirme immédiatement toutes les attentes placées en lui et forme un quatuor offensif redoutable aux côtés de Loïs Openda, Dani Olmo et Benjamin Šeško. Avec 10 buts et 15 passes décisives pour sa première saison outre-Rhin, tout laisse alors penser que son avenir est tout tracé. Son prêt s’achève à l’issue de la saison et il fait son retour chez les Rouge et Bleu, désormais entraînés par Luis Enrique, tout juste sorti d’une demi-finale de Ligue des champions perdue face au Borussia Dortmund.

Luis Enrique (PSG)
Un virage à double tranchant
À l’été 2024, une question se pose : Xavi Simons va-t-il rester au PSG ? En tout cas, le technicien ibérique, lui, a déjà tranché. Luis Enrique souhaite en faire une pièce maîtresse du système de jeu parisien, sans pour autant lui garantir un statut de titulaire indiscutable, car dans « son » PSG, aucun joueur ne l’est. Problème : le joueur ne veut pas se contenter d’un rôle de rotation et aspire à être un titulaire à part entière. Paris, incapable de lui offrir ce statut, choisit alors de le laisser repartir au RB Leipzig pour 50 millions d’euros, une somme qui servira en partie à financer l’arrivée de Désiré Doué lors du même mercato.
La suite, on la connaît. Le club de la capitale remporte la Ligue des champions et l’ancien Rennais, devenu international français, s’impose rapidement comme l’une des pierres angulaires du système de Luis Enrique, avec notamment un doublé dans cette fameuse finale et une 14e place au Ballon d’Or. Pendant ce temps, Xavi Simons, auteur d’une saison irrégulière avec les Roten Bullen, ne quitte l’Allemagne que l’été suivant pour rejoindre Tottenham avec un lourd transfert à hauteur de 65 millions d’euros.
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Reste désormais à savoir si ce passage à vide n’est qu’un simple détour ou le véritable tournant d’une carrière qui semblait tracée vers les sommets. À seulement 23 ans, Xavi Simons a encore le temps de se relever, de rebâtir sa trajectoire et de rappeler à l’Europe pourquoi tant d’espoirs avaient été placés en lui. Mais après des choix discutables, une progression freinée et désormais une blessure majeure, l’heure n’est plus aux promesses. Elle est à la reconstruction.