Après avoir été la risée de tous les fans de Formule 1 l’an passé, l’écurie Alpine s’est rachetée cette saison, avec des performances à en faire trembler Red Bull. Depuis le début d’année, l’écurie française réussit à se battre pour des points intéressants, voire un (presque) podium à Monaco le week-end dernier. Analyse.
Voici un candidat que l’on n’avait pas forcément vu venir. Piteuse dernière en 2025 avec 22 tout petits points, l’écurie Alpine est actuellement 5ème du classement des constructeurs avec 41 points en seulement six week-ends de Grand Prix. Un début de saison comparable à celui de 2022, où l’écurie française avait fini 4ème au classement derrière Red Bull, Ferrari et Mercedes. Quatre ans plus tard, Alpine est de retour là où elle voulait être : juste derrière les gros. L’objectif est clair pour le patron Flavio Briatore : « Nous sommes actuellement dans le match avec Red Bull pour être la quatrième force du plateau ».
L’équipe française de Formule 1 est actuellement sur une bonne dynamique d’équipe avec un Pierre Gasly en 10ème position du classement des pilotes avec déjà 26 points, et son coéquipier Franco Colapinto, en 12ème place avec 15 points. Ils cumulent même, à eux deux, onze apparitions en Q3 (en comptant les qualifications en courses sprint). Pierre Gasly était d’ailleurs plutôt ravi après sa qualification à la 9ème position à Monaco, un circuit techniquement complexe : « J’ai tout donné en Q3, je suis trop heureux que le tour ait été aussi bon. Quand j’ai passé la ligne, j’ai senti que je ne pouvais pas donner plus, j’étais très content. Toute l’équipe a fait un super travail aujourd’hui ». Autant dire que c’est un début de saison plutôt satisfaisant pour toute l’équipe, qui se félicite du bond de géant qu’elle a réalisé depuis l’année dernière.
Pierre Gasly, le cœur du projet Alpine
Le pilote français de 30 ans est le porteur du projet Alpine, qui se construit entièrement autour de lui depuis plusieurs années. En contrat jusqu’en 2028, il s’est montré solide lors des premières courses de cette saison. Une progression qui s’est illustrée le week-end dernier avec une troisième place au Grand Prix de Monaco, qui lui a malheureusement été arrachée à cause de plusieurs pénalités qui l’ont relégué au 7ème rang. Des sanctions discutées par Alpine auprès de la FIA, qui a accepté d’annuler les pénalités, et de lui octroyer à nouveau sa 3ème place. En voilà une belle démonstration de loyauté de la part de l’écurie envers son pilote, dont McLaren, Mercedes et Ferrari feraient bien de s’inspirer. Cependant, ce malheureux résultat aurait pu être évité si Alpine n’avait pas oublié de purger les 5 secondes de pénalité en premier lieu.
Même si, techniquement, tout n’est pas au point au sein de l’écurie française, la dynamique est positive et l’équipe se bat activement pour ses pilotes, les mettant dans les conditions adéquates pour s’exprimer sur la piste. « Pour l’instant, c’est la meilleure voiture que j’ai eue dans ma carrière », affirmait Pierre Gasly auprès de Canal+ après le Grand Prix du Japon. « Je pense qu’on a une bonne base de travail. Sur les premiers week-ends, la voiture a l’air de marcher. On arrive à avoir de la performance un peu partout. Et on sait les points sur lesquels on est limités, sur lesquels il faut travailler. Dans l’ensemble c’est de bon augure. »
Repartir d’une page blanche
L’une des grosses nouveautés cette année, c’est le nouveau moteur sur lequel l’A526 fonctionne. Alpine vient de changer de motoriste, et a rejoint les rangs de Mercedes après avoir été motorisée par Renault pendant de très nombreuses années. Un pari gagnant au vu des performances de l’écurie allemande, même si ce changement est un crève-cœur pour les nombreux fans, attristés que l’écurie perde son identité 100% française.
Mais cette évolution a été un mal pour un bien, notamment grâce à un développement démarré très tôt ; depuis décembre 2024. « On est vraiment repartis d’une page blanche », a indiqué le directeur technique d’Alpine, David Sanchez avant le début de cette saison. Face aux nouvelles réglementations, pas le choix : il fallait tout changer. Ce qui n’était pas une déception au vu de la poubelle qu’était l’A525 sur les pistes. L’objectif en 2026 est clair : « Être régulièrement dans le top 6 ou 7, parfois faire mieux si les circonstances le permettent », selon Flavio Briatore.
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De plus, Renault a fait taire les nombreuses spéculations qui entouraient l’écurie Alpine ces derniers temps. L’entreprise française restera bien propriétaire de l’écurie de Formule 1, et souhaite continuer d’installer une dynamique positive au sein de l’équipe, sans qu’elle soit rachetée par un quelconque actionnaire. Une bonne forme générale, donc, qui se ressent jusque dans les finances de l’écurie, puisque Alpine vient de signer un gros contrat de sponsoring avec la grande maison de luxe italienne Gucci, qui deviendra le sponsor titre de l’équipe française. Finie BWT Alpine, à partir de 2027, dites bonjour à « Gucci Racing Alpine Formula One Team ». Un titre qui a la classe, il faut l’admettre.