Après avoir fini 8e à l’issue du Grand Prix du Japon le weekend dernier, Max Verstappen a annoncé sérieusement considérer de se retirer de la F1 à la fin de la saison 2026. Une énième menace qui intervient alors que sa performance sportive laisse à désirer cette saison. Décryptage.
L’annonce a causé un petit séisme dans le monde de la Formule 1. Max Verstappen a fait connaître son ras-le-bol pour la F1 à l’issue du dernier Grand Prix, dimanche dernier. Père pour la première fois depuis bientôt un an, il a dit vouloir se retirer notamment pour favoriser sa vie de famille. Le quadruple champion du monde a toujours été vocal sur son souhait de ne pas rester longtemps dans la discipline au contraire ses comparses Lewis Hamilton ou Fernando Alonso. Mais ses menaces de retraite ne sont pas nouvelles, et reviennent de manière cyclique dès que sa performance sportive décline.
Verstappen, une insatisfaction face aux nouvelles régulations
« Chaque matin, au réveil, je me convaincs à nouveau. Et j’essaie », a déclaré Max Verstappen après le Grand Prix du Japon, alors que la performance de la RedBull n’est pas flamboyante en ce début de saison. Même si Max n’a jamais explicitement annoncé que la médiocrité de sa monoplace était la raison de son manque de motivation, il semble toujours s’en plaindre lorsqu’il ne finit pas sur le podium. Mais depuis ce début de saison, il est particulièrement vocal sur son envie de se retirer.
Le néerlandais critique des normes qui n’avantagent que la vitesse pure et pas les compétences de pilotage de chacun. Ironique pour un si grand fan de GT3, sport automobile qui représente la quintessence d’une vitesse artificielle, dans lequel les participants déplorent régulièrement le déséquilibre des performances.
Il avait déjà exprimé un désintérêt pour la F1 lors de la saison dernière, avant que l’écurie au taureau ne revienne dans la course au championnat derrière Lando Norris. Dès lors, il avait arrêté de se plaindre et avait retrouvé l’intérêt et la motivation pour son sport.
En janvier dernier avant le début de saison, Max avait exprimé que son contrat avec RedBull s’étendait jusqu’à 2028 et qu’il avait l’intention de l’honorer jusqu’au bout. Puis, quelques jours après les premiers tests de pré-saison, il avait changé d’avis, insistant sur le fait que sa carrière était « définitivement plus proche de la fin » et que « les nouvelles régulations n’aidaient en rien ».
Ses lamentations ont immédiatement ravivé l’attention sur une clause bien connue de son contrat, lui permettant de potentiellement quitter son écurie si elle ne figure pas dans le top 3 au moment de la pause estivale, fin juillet. Une clause bien pratique, sur laquelle Verstappen s’appuie pour essayer de faire pression sur son équipe. Mais ces menaces deviennent difficiles à croire, tant elles sont récurrentes.
Un comportement qui déplaît au paddock
Le problème avec Max Verstappen, c’est qu’il se croit indispensable au sport. « Ils savent ce qu’ils doivent faire [pour que je reste] » avait-il lancé à propos de la FIA, de la F1 et de Liberty Media. Son clan infernal, notamment composé de son père Jos, le soutien dans cette démarche. Pour eux, le champion du monde est si irremplaçable qu’il peut, à lui-même, faire changer les règles du sport.
Pour Martin Brundle, ancien pilote de course, ces plaintes de retraite du pilote RedBull deviennent « un peu ennuyeuses ». « Soit il s’en va, soit il arrête d’en parler parce que c’est comme ça. Il faut faire avec. Le sport continuera d’avancer si Max décide de s’arrêter, mais en attendant, il fait pas mal de dégâts », avait-il affirmé. Un ras-le-bol partagé par le reste du paddock, à l’instar du champion du monde Lando Norris, qui avait exprimé en début de saison sa fatigue d’entendre RedBull se plaindre sans arrêt.
Et le pilote néerlandais fait subir sa fatigue à tout le monde. Son comportement de diva s’est encore illustré lors de la journée média avant le Grand Prix de Suzuka, lorsqu’il a expulsé un journaliste de la conférence de presse suite à question posée l’année dernière.
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Alors oui, les nouvelles régulations ne sont pas encore au point, et de nombreux pilotes les subissent. Mais ils ne font pas pour autant vivre un calvaire au monde entier en attendant que la discipline se plie à leur caprice. Certes, il doit être frustrant de se retrouver en milieu de grille après avoir connu un tel succès pendant des années, mais il faudrait rappeler à Max Verstappen que ce sport existait bien avant lui, et qu’il continuera d’exister après.