Pas de lances, pas de casques, pas de chevaux… mais un combat fait rage. Depuis août, Lucas Chevalier et Matvey Safonov se disputent le trône des buts du Paris Saint-Germain. Deux profils, deux styles, deux parcours différents… et une seule place à conquérir. Décryptage.
Le Russe spectaculaire et audacieux, le Français méthodique et régulier. À chaque arrêt, le terrain se transforme en arène, et les supporters observent, impatients de voir lequel des deux sortira vainqueur de ce combat, dont Matvey Safonov semble pour le moment – aux yeux de Luis Enrique, des suiveurs comme des supporters – ressortir gagnant. Pendant ce temps, Lucas Chevalier ronge son frein.
Safonov : le Russe atypique
Cheveux blonds attachés en un simple nœud, bouc soigneusement taillé, maillot souvent trop grand… Matvey Safonov ne ressemble pas à un gardien ordinaire. Du haut de son mètre 92, il impose sa présence et sa confiance, fruits d’un parcours loin des projecteurs européens. Formé à Krasnodar, il a gravi les échelons de son club natal avant de débarquer à Paris à l’été 2024, pour un transfert surprenant de 20 millions d’euros. Un prix élevé pour un gardien peu connu, mais qui ne manque pas d’ambitions.

Matvey Safonov (PSG)
Dès son arrivée, Safonov a clairement affiché son objectif : détrôner Gianluigi Donnarumma. Et même s’il a connu quelques turbulences – une boulette sur corner en Ligue des Champions – il a su se rattraper en Coupe de France, notamment lors des seizièmes de finale face au RC Lens où il stoppe Nzola lors de la séance de penalties, propulsant le PSG en huitièmes de finale. Atypique, spectaculaire et déterminé : le Russe a tout d’un chevalier moderne. Matvey Safonov a déjà arrêté 5 penalties sur 7 cette saison – le meilleur total parmi les gardiens du top 5 européen. Pas mal non ?
Chevalier : le maître de la régularité lilloise… puis de l’irrégularité parisienne
Lui n’a pas de cheveux (ou très peu), mais un talent qui a fait tourner les têtes. À 24 ans, Lucas Chevalier a déjà derrière lui une ascension fulgurante. Lors de la saison 2021-2022, il évoluait encore en Ligue 2 à Valenciennes. Une saison pleine, 30 matchs, et un retour au LOSC, son club formateur, dès l’été suivant. Rapidement, Léo Jardim, alors gardien titulaire, goûtera au banc, tandis que Chevalier s’imposera comme indispensable.

Lucas Chevalier (PSG)
Son atout ? La régularité… chez les Dogues. Dans le Nord, il se montre solide, performant et décisif, notamment en Ligue des Champions face au Real Madrid, à la Juventus ou à l’Atletico Madrid. Son CV s’étoffe, et l’œil de Luis Campos se pose sur lui. Quand Gianluigi Donnarumma décide de ne pas prolonger, le natif de Calais saisit sa chance : il s’engage avec le PSG jusqu’en juin 2030 contre 40 millions d’euros, prêt à entrer dans l’arène et à se battre pour le poste de gardien titulaire. Avant que son parcours parisien ne déraille rapidement – la faute à une grande irrégularité qui frustre les supporters.
Le début de saison : duel et blessures
Le PSG n’est pas un club comme les autres, et Lucas Chevalier l’a vite compris. Auteur d’un début de saison en dents de scie mais titulaire sans trop de discussions, l’ex-Lillois doit faire une pause forcée après une blessure face à Monaco le 29 novembre. Sa place est alors prise par Matvey Safonov… et le Russe impressionne immédiatement.
En finale de la Coupe Intercontinentale, lors de la séance de tirs au but, il arrête quatre penaltys, stupéfiant supporters et observateurs, et mérite que l’on parle de lui comme d’un titulaire indiscutable. Mais le destin frappe à son tour : une fracture à la main met Safonov sur la touche. Chevalier revient donc dans les buts… sans réellement convaincre. Aujourd’hui, les deux sont disponibles, mais il n’y a qu’une seule place. Le verdict revient à l’entraîneur : et ce dernier semble clairement trancher en faveur de Safonov… pour le moment.
Luis Enrique a tranché à court terme, mais peut-être pas à long terme
Luis Enrique a toujours prôné la concurrence au poste de gardien. Interrogé sur le choix de Safonov face à Newcastle, il répond avec son pragmatisme habituel : « Je n’ai pas de problème à faire de la rotation sur les gardiens, je ne sais pas si je le ferai à l’avenir. Je demande à mes joueurs d’être prêts tout le temps. Je ne sais pas ce que je vais faire. »

Luis Enrique (PSG)
A la veille de PSG-OM (ce dimanche soir – 21h), Luis Enrique est également revenu sur le duel Safonov-Chevalier : « Pour faire un bilan il vaut mieux attendre la fin de saison. Je suis très content d’avoir trois gardiens, avec leurs qualités. Je suis confiant parce qu’ils sont différents, et en même temps ils ont montré qu’ils sont prêts pour aider l’équipe et c’est ça le plus important pour moi. »
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Le suspense pour savoir qui sera titulaire dans les cages du PSG en fin de saison reste donc entier. Mais il est clair que, comme dans toutes les batailles entre gardiens dans un passé récent (Donnarumma, Navas), l’un des deux devra sortir vaincu. Et devra sans doute partir.