Édito – En admettant des “ajustements” de montants avec Evangelos Marinakis (Nottingham Forest) sur plusieurs transferts, John Textor a levé le voile sur un système de multipropriété qui broie d’abord les clubs. À Lyon, l’addition sportive et financière est déjà salée.
Entre l’OL, Botafogo et Nottingham Forest, les passerelles n’avaient rien d’anodin. John Textor a fini par l’admettre publiquement : oui, il y a eu des “ajustements” sur les prix de certains deals, discutés avec son partenaire Evangelos Marinakis. Dans le sillage de recrutements déjà pointés du doigt – Moussa Niakhaté et Orel Mangala pour un total avoisinant les 60 M€, puis l’opération Matt Turner ficelée autour de 8 M€ – l’aveu sonne comme un coup de massue. Et il tombe au pire moment pour un OL qui reverra la DNCG le 11 décembre – le club étant encadré et asphyxié, à la recherche de crédibilité.
La multipropriété, quand l’intérêt d’un “groupe” piétine l’intérêt d’un club
Le cœur du problème est là : la multipropriété promet des “synergies”, elle accouche d’arbitrages d’appareil. Ajuster un prix ici pour combler un manque là-bas, maquiller un bilan là pour sauver un fair-play financier ailleurs… ce qui peut arranger deux propriétaires fragilise un club, ses comptes et sa trajectoire sportive.
À Lyon, ces flux croisés ont dopé la suspicion et plombé la marge de manœuvre. On a acheté trop cher des joueurs au moment qui arrangeait d’autres entités ; on a engagé des salaires, des amortissements et des risques qui n’étaient pas prioritairement ceux de l’OL. Résultat : un effectif déséquilibré, une trésorerie sous tension et des dirigeants sommés, encore, de convaincre le gendarme financier que l’avenir sera plus vertueux.
L’OL n’a pas besoin d’ingénierie financière
Ce qui choque, au-delà des montages, c’est le renversement de la hiérarchie des intérêts. Dans un club, le cap doit être dicté par le sportif et par les comptes du club – pas par des besoins exogènes. Quand Textor revendique la normalité « d’ajustements entre partenaires », il banalise une zone grise où l’OL a tout à perdre : réputation atteinte, décisions sportives biaisées, exposition à des sanctions et, plus prosaïquement, addition finale laissée aux supporters.
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Lyon n’a pas besoin « d’ingénierie financière » pour sauver la face d’un réseau ; il a besoin d’une gouvernance qui protège ses actifs, sa formation, sa compétitivité et sa vérité des prix. Qu’on s’en souvienne au moment d’entrer devant la DNCG : la seule “synergie” acceptable, c’est celle qui renforce l’OL – pas celle qui le met à genoux pour assouvir les besoins d’un Textor et sa stratégie de multi-propriété.