Huit ans après le 8 mars 2017, la remontada Barça-PSG (6-1) reste bien plus qu’un simple match : un traumatisme fondateur qui a transformé une humiliation en rivalité durable. Du transfert record de Neymar à la bataille du mercato (Dembélé, Dro) en passant par les revanches parisiennes sur le terrain, cet article raconte comment la remontada continue d’alimenter une guerre froide entre Barcelone et Paris – et pourquoi la moindre étincelle peut encore rallumer l’incendie. Décryptage.
8 mars 2017. Huitième de finale retour de Ligue des champions entre le FC Barcelone et le Paris Saint-Germain. À la 95e minute, Sergi Roberto surgit dans la surface, s’élève dans les airs et catapulte le ballon au fond des filets. Le Camp Nou explose. Paris s’écroule. Après une victoire éclatante 4-0 au match aller, l’équipe dirigée par Unai Emery sombre (6-1) face à un Barça incandescent. Ce soir-là, un mot entre définitivement dans le vocabulaire du football mondial : la remontada.
La remontada n’est pas seulement une victoire barcelonaise. Elle est devenue un symbole : celui de l’espoir fou pour les uns, et du cauchemar éternel pour les autres. Et pour le PSG, elle reste, encore aujourd’hui, un fantôme qui plane sur chaque grand rendez-vous européen.
Barça-PSG : la vengeance se nomme Neymar
Deux équipes, deux histoires et une nouvelle rivalité qui s’affirme sur la scène européenne. Pour être honnête, les deux clubs n’ont jamais été très amis, et ce match n’en est que la plus stricte démonstration. Derrière cette nouvelle réalité, un homme : Nasser Al-Khelaïfi. De l’actuel président du PSG, chacun a son avis : fort caractère, manipulateur pour certains, excellent businessman et amoureux de football pour d’autres. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le dirigeant qatari occupe une place prépondérante dans le monde du ballon rond.
Alors, lorsque son club subit l’une des humiliations les plus mémorables de l’histoire de la Ligue des champions, Nasser Al-Khelaïfi, considère plus que jamais que la vengeance est un plat qui se mange froid. À l’été 2017, lors du mercato, le PSG, désireux de tourner la page au plus vite, décide de frapper un grand coup en s’attaquant directement au FC Barcelone. Le club de la capitale réalise alors le transfert le plus cher de l’histoire du football : Neymar Jr, pour 222 millions d’euros.

Neymar Jr (alors joueur du Barça)
L’international brésilien, considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde, quitte la Catalogne, où il évoluait dans l’ombre de Lionel Messi, pour devenir la star incontestable du projet parisien. Le Barça de Josep Maria Bartomeu est fou de rage. Pour cause, aucune négociation n’a été possible : le PSG a choisi de lever directement la clause libératoire du joueur.
Preuve que le PSG n’aura jamais vraiment accepté cette soirée du 8 mars 2017. Car, au-delà d’un simple souvenir douloureux, la remontada a laissé des traces profondes dans l’esprit des dirigeants parisiens.
Après la remontada, une guerre froide sur le marché des transferts
Après Neymar, la rivalité entre les deux clubs se poursuit sur le terrain du mercato. En 2023, Paris frappe une nouvelle fois à la porte de Barcelone en attirant Ousmane Dembélé. Arrivé au FC Barcelone en 2017, justement pour succéder à Neymar, l’international français effectue le chemin inverse. Un transfert estimé à 50 millions d’euros, facilité par une clause spécifique dans son contrat. Encore une fois, le Barça n’a pas pu négocier. Un symbole fort : le joueur recruté grâce à l’argent de Paris finit par rejoindre la capitale française.

Ousmane Dembélé sous les couleurs du Barça.
Sur le terrain, la rivalité prend une autre dimension. En 2021, le Paris Saint-Germain inflige une lourde défaite au FC Barcelone au Camp Nou (4-1). Mené par un Kylian Mbappé étincelant, Paris élimine le Barça en huitième de finale de Ligue des champions et signe l’une des plus grandes performances de son histoire européenne. Une revanche, partielle mais symbolique, quatre ans après la remontada.
Un rapport de force désormais inversé ?
Plus récemment encore, en 2024, les deux clubs se retrouvent face à face en quart de finale de Ligue des champions. Une nouvelle confrontation, une nouvelle victoire parisienne 4-1 après une défaite 4-3 au match aller, et une nouvelle élimination barcelonaise.
Au début de saison, rebelote ! Les Blaugranas reçoivent le PSG pour la deuxième journée de la phase de ligue de la Ligue des champions et s’écroulent (1-2) face à une équipe parisienne décimée par les blessures. Le rapport de force semble s’être inversé, surtout lorsque le coach qui a fait gagner la première Ligue des champions au PSG se nomme Luis Enrique, un ancien joueur et entraîneur du FC Barcelone.

Luis Enrique (PSG)
Le dernier épisode en date : Dro Fernandez
Qu’on le veuille ou non, ces deux équipes que sont le PSG et le Barça sont étroitement liées. Peut-être à tout jamais. Par leur histoire, par leurs joueurs, par leurs entraîneurs, par leur style, par leur ambition, par leur rivalité. Une sorte d’amour toxique qui nourrit une rancœur pour l’éternité. Aujourd’hui, la remontada semble bien loin. Mais la moindre petite étincelle peut rallumer la flamme.
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Alors, quand la pépite du FC Barcelone, Dro Fernandez, choisit de quitter son club formateur, provoquant la fureur de sa direction et de son coach, pour in fine rejoindre le PSG pour seulement 6 millions d’euros, c’est toute l’Espagne qui s’indigne et l’incendie qui redémarre. Cette fois-ci, l’incident diplomatique a été globalement bien géré par Nasser Al-Khelaïfi et la direction sportive du PSG, en faisant en sorte de ne pas créer une nouvelle guerre entre les deux clubs. Mais gare au prochain accrochage – car personne n’a oublié la remontada.