De nouveaux éléments jettent une lumière crue sur l’affaire Negreira. Entre paiements avant le coup d’envoi de grandes compétitions et factures pour des « prestations » surprenantes, le Barça se voit opposer une chronologie qui interroge, tandis que le Real Madrid prépare une offensive judiciaire renforcée.
Au cœur du « dossier Negreira », des pièces issues de l’instruction de la justice espagnole indiquent que Barça a rémunéré José María Enríquez Negreira – alors numéro 2 de l’arbitrage espagnol – pour des services censés porter sur des compétitions… pas encore jouées. De la même manière, on trouve des paiements transitant par des sociétés liées au fils de Negreira pour des « prestations de formations », ou encore via une structure associée à l’ex-dirigeant Josep Contreras pour des « travaux de rénovation ». Plus déroutant, une ligne de 60 900 € pour des « coffrets Aloe Vera » apparaît en 2005. Ces éléments nourrissent le doute sur la nature réelle des prestations financées.
Le Real Madrid continue de mettre la pression
Quelques exemples de factures révélées par la presse espagnole :
- Juin 2016 : 90 750 € pour « l’enregistrement des matchs » et la « numérisation des actions » de l’Euro 2016, alors que le tournoi n’avait pas encore débuté.
- Juin 2018 : 90 750 € pour des services identiques appliqués à la Coupe du monde 2018, avant le match d’ouverture.
- Juin 2010 : 139 200 € liés au Mondial 2010, à nouveau en amont de la compétition.
- Juin 2012 : 141 600 € pour l’Euro 2012, facturés au moment où l’épreuve ne faisait que commencer.
- Juin 2014 : 145 200 € autour du Mondial 2014, quelques jours seulement après le coup d’envoi.
Ces montants et leur temporalité alimentent une incohérence chronologique centrale dans le dossier. En effet, si l’on en croit cette chronologie, il était matériellement impossible de « sélectionner » ou « numériser » des actions de matchs qui n’avaient pas encore existé.
D’où l’angle adopté par la partie madrilène : démontrer que ces versements, loin d’être de simples « rapports techniques », posent un problème de corruption et fragilisent la défense barcelonaise. Dans le même temps, la mention de « formations » et de « travaux de rénovation » éloigne encore davantage ces dépenses du champ arbitral.
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Le bras de fer judiciaire se durcit : le Real Madrid souhaite désormais verser au dossier une ancienne déclaration de Joan Laporta jugée contradictoire avec sa ligne actuelle. Reste à savoir si la justice estimera que ces factures relevaient d’un habillage comptable ou d’un service réel – même si celui-ci sera dans tous les cas difficile à justifier. Quoi qu’il arrive, l’image du Barça est déjà lourdement écornée et l’affaire continue d’empoisonner la Liga.