Unité en façade, crispations en coulisses. Au Real Madrid, le projet de Florentino Pérez de refondre le modèle économique du club et d’ouvrir la porte à des investisseurs privés ravive les tensions au sein du conseil d’administration. Explications.
Selon des rapports internes relayés par la presse en Espagne, le président merengue Florentino Pérez continue de pousser une transformation structurelle : création d’une holding et nomination d’une figure exécutive forte (type PDG) pour piloter le quotidien d’un club longtemps gouverné de façon présidentielle et associative. Cette bascule du pouvoir inquiète une partie des administrateurs, attachés au modèle associatif et à l’équilibre des contre-pouvoirs. Dans ce climat, l’Assemblée générale extraordinaire a été repoussée à 2026, ce qui retarde un référendum clé sur le nouveau cadre économique du Real Madrid.
Investisseurs privés, PDG fort, calendrier repoussé : les trois nœuds du conflit
D’abord, l’ouverture à des capitaux privés fracture les sensibilités : pour ses partisans, elle sécurise la compétitivité à long terme ; pour ses opposants, elle menace l’identité du club et crée une dépendance financière. Ensuite, la volonté de nommer un « super-exécutif » – présenté comme la pièce maîtresse de la future holding – est vécue par certains comme un transfert de pouvoir du comité vers une chaîne managériale plus verticale. Le nom d’Anas Laghrari circule au cœur du dispositif, mais son ascension suscite des résistances internes.
Enfin, le report de l’assemblée générale extraordinaire à 2026 nourrit l’idée d’un passage en force différé : sans vote, pas de légitimation démocratique, et la défiance s’installe. À ce bras de fer institutionnel s’ajoute aussi un débat sportif : le leadership de Xabi Alonso reste discuté en interne, preuve que le terrain n’apaise pas la stratégie.
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À 78 ans, Pérez s’accroche à une réforme (la fin du statut associatif) qu’il juge indispensable pour tenir tête à l’UEFA, à la Liga et aux géants étatiques – mais sa méthode crispe, jusqu’à remettre en question toute la gouvernance du club. L’hiver madrilène s’annonce politique avant d’être footballistique.