À quinze mois du scrutin, l’avenir du Paris Saint-Germain au Parc des Princes s’impose comme le dossier brûlant de la campagne des élections municipales à Paris. Les principaux candidats veulent rouvrir le dialogue avec le club pour éviter un exil vers Massy ou Poissy.
Le départ annoncé d’Anne Hidalgo change la donne : la relation glaciale entre l’Hôtel de Ville et le PSG depuis novembre 2022 n’est plus une fatalité. Alors que le club champion d’Europe étudie des alternatives en Île-de-France, la plupart des prétendants à la mairie affichent une même boussole : maintenir le club à la porte de Saint-Cloud. Reste à s’entendre sur la méthode et sur le cadre financier, lourd, d’une modernisation chiffrée à près de 500 millions d’euros.
Vente, bail prolongé, référendum : les scénarios sur la table
Emmanuel Grégoire (PS) promet de « reprendre la discussion sur des bases saines » avec Qatar Sports Investments, sans écarter une cession pure et simple de l’enceinte pour permettre un agrandissement. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) pousse lui aussi vers cette option et veut prolonger « largement » le bail emphytéotique courant jusqu’en 2043, afin d’offrir de la visibilité au PSG. Il n’exclut pas que la Ville participe au financement des travaux, qui pourrait faire du Parc l’un des plus beaux stades du monde post-rénovations.
Dans un autre registre, David Belliard (EELV) défend une consultation citoyenne, tandis que Ian Brossat (PCF) propose d’associer les supporteurs via un schéma d’actionnariat populaire à la manière des « socios ». Rachida Dati (LR) fait valoir sa capacité à « rétablir un climat de confiance » avec les dirigeants parisiens. Son camp assure que la dimension relationnelle pourrait accélérer un compromis, y compris sur une éventuelle vente à terme du Parc.
Rachida Dati critiquée pour ses liens supposés avec le Qatar
Au-delà des postures, un sujet crispe : la proximité supposée de certains responsables avec le Qatar. Des adversaires de Rachida Dati brandissent un possible « conflit d’intérêts », renvoyant à l’information judiciaire ouverte autour de l’affaire Tayeb Benabderrahmane, et s’interrogent sur un éventuel déport en cas de négociations sur la propriété du stade.
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Autrement dit, l’avenir du Parc ne sera pas qu’une équation technique : ce sera aussi un test d’éthique publique et de gouvernance. Une certitude, pourtant, se dégage : Paris veut garder le PSG chez lui. Reste à trouver la clé politique et financière pour y parvenir. Les électeurs qui se déplaceront aux urnes le jour-j décideront.