Paul Pogba a reçu le prix « Best Comeback » aux Globe Soccer Awards 2025. Un choix qui a fait bondir Jimmy Cabot, rappelant les parcours d’autres joueurs revenus de très loin sans être passés par une suspension pour dopage. Explications.
Paul Pogba, milieu de l’AS Monaco, suspendu pour dopage avant de revenir à la compétition en 2025 après une réduction de sa sanction à 18 mois, a été distingué aux Globe Soccer Awards pour son « comeback ». Le Français a même remercié Cristiano Ronaldo lors de la cérémonie, symbole d’un retour mis en scène et salué par l’industrie du foot. Cette récompense intervient après plus de deux ans sans match officiel (de septembre 2023 à fin 2025) et une signature estivale à Monaco. Mais Jimmy Cabot n’a pas spécialement apprécié la scène et a poussé un coup de gueule à ce sujet sur les réseaux sociaux.
“Pogba suspendu pour dopage : Trophée”, Cabot tacle Pogba
Jimmy Cabot a allumé la mèche sur X en opposant des trajectoires : « Matthieu Udol, 4 ligaments croisés, retour titulaire dans l’équipe 1ère de Ligue 1 à la trêve avec le RCL. Bentaleb, arrêt cardiaque, plusieurs mois d’arrêt, retour sur le terrain, buteur pour la victoire du LOSC. Pogba suspendu pour dopage : Trophée. »
Son message, massivement relayé, vise l’institution qui honore un joueur anciennement dopé. La question est lourde : comment concilier l’éthique antidopage avec une récompense institutionnelle censée valoriser l’exemplarité du retour ? Dans d’autres disciplines (athlétisme, cyclisme, etc.), imaginer un lauréat majeur tout juste revenu d’une suspension pour dopage ferait polémique. Ici, la cérémonie assume « regarder vers l’avant » et « accueillir son retour avec confiance ». Une philosophie affichée par l’organisateur lui-même.
Dans le même temps, les défenseurs de Paul Pogba plaident pour une meilleure reconnaissance du chemin parcouru par le joueur. Entre contrôle anti-dopage positif, peine initiale lourde puis réduite, fin de contrat à la Juventus, affaires extra-sportives et retour progressif en Ligue 1, le champion du monde 2018 a, il est vrai, tenu bon. Son mérite sportif existe et sa résilience est réelle.
Mais ce qui crispe, c’est l’effet d’effacement : un trophée institutionnel tend à réécrire la séquence comme s’il ne s’était « jamais dopé ». À l’heure où le foot prétend durcir sa ligne sur le dopage (du moins sur le papier), la distinction interroge le message envoyé aux joueurs, aux jeunes et aux autres sports. Et vous, qu’en pensez-vous ?