Édito – À force d’improviser, Waldemar Kita a transformé le FC Nantes en un laboratoire toxique. Les décisions s’enchaînent, se contredisent et précipitent le club dans une crise de gouvernance devenue sportive.
Au-delà des résultats sportifs faméliques, c’est la méthode qui détruit tout au FC Nantes. Le symbole ? L’épisode Stéphane Ziani. Approchée pour devenir coordinateur sportif, l’icône nantaise a refusé net, révélant au grand jour une direction isolée, sans cap ni relais crédibles. Pendant que les Canaris s’enlisent, Kita bricole l’organigramme, multiplie les pistes – Will Still un jour, un autre nom le lendemain – sans cohérence d’ensemble. Et les chiffres ne pardonnent pas : 0,73 point pris par match, seulement 2 victoires en 15 journées, 11 points sur 45. Comment espérer bâtir quoi que ce soit sur pareil sable mouvant ?
Ziani dit non, le système Kita remis en cause
Quand une figure comme Ziani, née au club, refuse d’entrer dans la maison, c’est que la maison brûle. Ce « non » n’est pas anodin : il acte la défiance d’anciens cadres à l’égard d’une présidence qui confond vitesse et précipitation. La réorganisation annoncée ressemble à une fuite en avant. Même le mercato, brandi comme solution miracle (Deiver Machado en tête), n’est qu’un pansement sur une hémorragie.
Un club ne se répare pas avec des noms jetés sur un tableau blanc, mais avec une ligne directrice, des responsabilités claires et des décisions assumées. Cette gouvernance à la semaine rend l’équipe prévisible et fragile. Les talents hésitent, les supporters se découragent et l’environnement devient toxique. Nantes a besoin d’un projet, pas d’un casting permanent. Or, rien n’indique aujourd’hui que la présidence soit prête à écouter, à déléguer, à structurer.
Le limogeage express de Luis Castro, symptôme d’une panique
Dernier épisode d’un feuilleton délétère : Luis Castro, démis de ses fonctions de manière spectaculaire juste après une conférence de presse d’avant-match. Une décision expéditive, prise en pleine tempête, qui dit tout de l’urgence permanente au FC Nantes. Ahmed Kantari a été nommé dans la foulée, jusqu’à la fin de saison – sur le papier tout du moins, car nul ne peut nier que Waldemar Kita peut très bien changer d’avis le concernant.
Mais que peut changer Kantari sans une colonne vertébrale solide et pertinente au-dessus de lui ? On ne pilote pas un club historique à l’instinct et au feeling. Kita doit peut être se remettre en cause et cesser de traiter le FC Nantes comme une start-up en pivot permanent. Il faut stabiliser l’organigramme, installer un décideur sportif respecté, redonner du temps au terrain. Sans ça, le FCN continuera d’aligner les saccades, les erreurs et, bientôt, les regrets.