Vincenzo Nibali s’est penché sur le phénomène Tadej Pogacar. Admiratif de la puissance du Slovène, le « Requin de Messine » pointe toutefois une faille récurrente : la gestion tactique, notamment sur Milan–San Remo, où l’intelligence de course de Mathieu van der Poel avait fait la différence.
Aux yeux de Vincenzo Nibali, l’ogre slovène domine par la puissance – attaques sèches, relais étouffants, sélection par l’effort – mais bute toujours sur Milan-San Remo, une épreuve où le timing, le placement et la gestion du Poggio-via Roma valent autant que les watts. C’est tout le sens de son analyse : comprendre pourquoi Pogacar, si complet, n’a pas encore fait sauter le coffre-fort ligure, quand Van der Poel a su verrouiller les scénarios, punir dans la descente et conclure dans un sprint réduit.
La « limite » de Pogacar selon Nibali
Vincenzo Nibali au sujet de Tadej Pogacar : « Toute course qu’il gagne, il la gagne par la force, pas tactiquement. Il attaque parce qu’il est plus fort. Mais qui gagne en fait avec ruse et tactique ? Van der Poel. »
Vincenzo Nibali poursuit son propos : « Peut-être que sa limite, si on peut appeler ça une limite, est qu’il pense pouvoir tout gérer avec force. Sur Milan-San Remo 2025, il essaie de lâcher tout le monde dans la montée, sans penser à la possibilité de gagner comme je l’ai fait, en descente. Mais Van der Poel a réussi à gérer la situation comme quelqu’un qui sait exactement comment s’y prendre dans ce genre de circonstances. »
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Pour triompher à San Remo, Pogacar devra donc accepter la patience, encore mieux apprivoiser la bascule du Poggio et dompter le chaos de la Via Roma. En bref, compléter son arsenal physique par un sens tactique abouti. S’il y parvient, son hégémonie s’étalera sur la classique italienne.