Mark Cavendish pousse un vrai coup de projecteur sur le modèle économique du cyclisme. L’icône de l’île de Man plaide pour des recettes inspirées de la Formule 1 afin de mieux vendre les équipes, les coureurs et le spectacle.
Un an après sa retraite, l’homme aux 160 succès dont 35 étapes du Tour de France n’a rien perdu de sa lucidité. Interrogé par un média australien, Cavendish estime que le cyclisme sous-exploite son potentiel commercial et médiatique. Sa boussole ? La F1, dont il apprécie la clarté du produit, la mise en scène et la puissance marketing. Selon lui, il faut mieux structurer l’offre, raconter des histoires autour des équipes et des coureurs, et créer des revenus plus prévisibles pour tout l’écosystème (équipes, partenaires, organisateurs).
S’inspirer de la F1 pour progresser : Cavendish déroule sa vision
« J’ai toujours apprécié le modèle économique et compétitif de la F1. », confie le Britannique, avant d’insister sur l’image des athlètes : « Certains coureurs pourraient gagner plus en exploitant mieux leur image. » Dans la foulée, il élargit le propos : « C’est pareil pour le cyclisme discipline dans son ensemble qui n’exploite pas tout son potentiel commercial et marketing, à l’instar d’autres sport, et je veux l’exploiter en ayant ma propre structure. »
Enfin, Cavendish met le doigt sur une dure réalité du marché : « Les succès sportifs sont moins importants que la scène médiatique. Même si je gagnais sur mes dernières années, personne n’allait prendre le risque de me prendre. J’aurais dû rester bankable, j’ai beaucoupé gagné, continué à gagner et beaucoup de personnes et de sponsors en ont profité. »
Cette sortie n’est pas un simple vœu pieux. Elle s’inscrit dans une tendance lourde du sport moderne : scénariser, clarifier, packager. On pense à la réussite de la F1 avec ses droits centralisés, son storytelling continu et sa capacité à convertir l’audience globale en valeur pour les équipes. Cavendish sait de quoi il parle : sa carrière a prouvé combien une star peut faire grimper l’attention, mais aussi combien le vélo peine encore à transformer cet intérêt en revenus pérennes. Le débat est désormais ouvert, et l’appel de Cavendish tombe à point nommé avant une nouvelle ère où la compétition devra aussi penser « produit ».