Le constat est brutal : le FC Barcelone serait aujourd’hui le club le plus endetté de l’histoire du football. Le « New York Times » avance un total avoisinant 2,5 milliards d’euros, qui remet la gestion de Joan Laporta en question.
Le quotidien américain The New York Times met en lumière une réalité devenue difficile à masquer : entre l’explosion du passif, l’addition d’investissements massifs et les ventes d’actifs anticipées, Barcelone marche sur une ligne de crête. La dette cumulée atteindrait environ 2,5 milliards d’euros, un chiffre qui dépasserait largement celui du Real Madrid (1,2 milliard d’euros), et qui interroge la soutenabilité du modèle Barça à moyen terme. Le ton a beau rester conquérant côté Camp Nou, le diagnostic est implacable et ravive un débat ancien sur la gouvernance du club.
Des chiffres qui bousculent la stratégie Laporta
Au cœur du dossier, l’Espai Barça pèse lourd. Environ 1,5 milliard d’euros proviendrait du financement à long terme de la rénovation du Spotify Camp Nou, l’un des plus beaux stades du monde en devenir, négocié avec des géants comme Goldman Sachs.
Les conditions, renégociées à plusieurs reprises, restent coûteuses, avec un coût moyen de l’argent au-delà des 5 % et des échéances étalées sur les prochaines décennies – un fardeau structurel qui grèvera durablement la trésorerie catalane.
Pour contenir l’hémorragie et financer l’activité courante, la direction a aussi activé les fameuses « palancas » : cession de 25 % des droits TV domestiques pour 25 ans à un fonds d’investissement (Sixth Street) contre près de 670 M€ immédiats, et autres montages destinés à doper rapidement la liquidité.
Le pari ? Que le nouveau Camp Nou devienne une machine à cash, comme peut l’être le stade Santiago Bernabeu, capable de générer autour de 350 M€ par saison une fois pleinement opérationnel. Mais la courbe des recettes sera-t-elle assez pentue pour compenser des intérêts élevés et des paiements différés ? La Liga maintient, en parallèle, un carcan budgétaire strict qui limite les manœuvres au mercato. D’un côté, la promesse d’un stade « premium » ; de l’autre, la réalité d’un passif colossal. C’est tout l’équilibre Laporta qui est à l’épreuve des faits.